Enquête : VISIONS DE L'HOMME ET DU MONDE


Objet d'étude n° 1 : l'argumentation

La logique argumentative (directe ou indirecte) : poétique et critique des textes littéraires


"Amant alternae Camenae"
, Virgile



LE DIALOGUE
: interroger, argumenter, débattre... convaincre, persuader, délibérer...


"Trouver le lieu et la formule", Rimbaud


Oedipe et le Sphinx, Ingres (1908)


Définitions : Convaincre, persuader, délibérer : l’essai, le dialogue, l’apologue

L’argumentation est une forme d’écriture qui vise à obtenir l’adhésion d’un auditeur ou d’un lecteur aux thèses qu’on présente à son assentiment. Elle a donc pour but de modifier les savoirs et les opinions d’autrui en essayant de démontrer, en s’efforçant de convaincre, en s’attachant à persuader. Décider par un débat, réfléchir sur une décision, peser le pour et le contre revient à délibérer : c’est une opération qui correspond au cas le plus abouti de l’argumentation où la confrontation d’idées et de prises de position débouche sur un jugement (individuel ou collectif).

Argumenter relève de l’usage délicat du langage tendu entre la sécurité rationnelle de la preuve et le risque de la manipulation trompeuse. C’est en principe une démarche rationnelle : en littérature, elle se situe entre la démonstration qui relève de la logique pure (de la raison) et de l’art de convaincre et de persuader qui repose sur une stratégie argumentative complexe destinée à séduire l’interlocuteur ou le lecteur, à faire appel à la fois à sa raison et à sa sensibilité.

L’argumentation peut être directe : dans ce cas elle est plus facile à reconnaître parce que l’énonciateur, le narrateur ou les personnages développent leurs points de vue. Mais elle peut être indirecte comme dans l’apologue. On peut la découvrir dans tous les genres de la littérature (roman, théâtre, poésie), qu’elle soit explicite ou implicite. Mais tout texte littéraire n’est pas argumentatif. L’art n’obéit pas toujours à une logique démonstrative à visée argumentative : il peut exprimer tout simplement « une aventure d’écriture » sans exposer des théories ou des jugements.

« Une œuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix », Proust.

Dans un texte littéraire, il est souvent difficile de démêler l’art de persuader de l’art de convaincre : les deux sont souvent indissociables.

« Ni rire ni pleurer, mais comprendre », c’est la démarche du philosophe. En littérature, il est rare que la rhétorique des émotions ne trouve pas sa place, que l’art de convaincre et de persuader ne se combinent pas pour toucher la sensibilité aussi bien que la raison du lecteur.

On distingue traditionnellement l’art de persuader de celui de convaincre par le rôle différent attribué à la démonstration et au destinataire. Celui qui cherche à convaincre accorde la priorité aux raisons qui fondent son point de vue. Il s’attache donc essentiellement à la fiabilité et à l’organisation logique des arguments qu’il utilise et fait appel chez le destinataire, à ses facultés de réflexion. Celui qui veut persuader cherche surtout à obtenir l’adhésion à ses propres vues d’un destinataire particulier. Il fera appel à la sensibilité, aux attentes, aux opinions, voire aux préjugés de celui-ci. Son argumentation visera moins le contenu de la discussion que les dispositions affectives de son interlocuteur.


La « critique » du discours : dans le cas du texte argumentatif, c’est une lecture qui donne sens au texte à partir de l’analyse de sa stratégie argumentative. La mise en évidence du circuit argumentatif de ce texte vise à comprendre le raisonnement sous-tendu par sa logique argumentative (à l’aide, par exemple, de l’énonciation d’un syllogisme). Elle permet d’accéder au sens de façon rationnelle et d’accéder à la délibération à partir des thèses qui y sont énoncées.

La « poétique » du discours : c’est une lecture qui donne sens à un texte sans procéder de la logique argumentative. L’étude de l’art de la composition (« dispositio »), des images, des procédés d’écriture, induit une démarche plus sensible que logique. Elle prend davantage en compte la rhétorique des émotions et les procédés de l’éloquence telles les figures de rhétorique.


DEMONTRER

Démontrer : c’est par excellence la démarche scientifique, qui prouve grâce à des lois, à des théorèmes admis et non discutables. On peut parle d’objectivité du fait de la rigueur et de la logique du raisonnement. (Mde, p. 299)

La démonstration vise à établir la vérité de quelque chose d’une manière évidente et rigoureuse (démontrer une proposition, un théorème). La démonstration est une opération mentale. Elle établit une vérité à l’aide d’un raisonnement logique qui s’appuie parfois sur des preuves et se présente comme la suite finie d’énoncés dont le premier est un axiome et chacun des suivants est obtenu à partir du précédent par une déduction logique. Elle procède du simple raisonnement et ne vise pas forcément l’adhésion d’un interlocuteur ou d’un lecteur. C’est une opération de l’esprit qui procède d’un esprit scientifique ou philosophique. Les textes à visée essentiellement démonstrative ne sont pas des textes littéraires.

La démonstration consiste à développer, à partir d’une affirmation initiale admise comme vraie, un raisonnement déductif qui tend à prouver, par des opérations logiques, la vérité de la conclusion. Elle permet de vérifier la proposition du sujet, de la thèse, des arguments, de passer d’une loi à son application. Cette opération mentale vise à établir une vérité, elle s’appuie sur des arguments et des exemples qui en vérifient les principes et les applications. La cohérence du raisonnement impose de manière impersonnelle cette vérité qui doit être admise par tous. Cette opération de l’esprit se déroule hors de tout autre contexte que celui de son propre système : la logique est sa méthode, le calcul son moyen, comme dans le cas de la démonstration mathématique. Pourtant, toute vérité n’est pas rationnellement démontrable. Démontrer cède alors le pas à argumenter.

« Différence entre l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse », Pascal, Pensées, Section 1

2. […]« Il y a donc deux sortes d’esprits : l’une de pénétrer vivement et profondément les conséquences des principes, et c’est là l’esprit de justesse ; l’autre de comprendre un grand nombre de principes sans les confondre, et c’est là l’esprit de géométrie. L’un est force et droiture d’esprit, l’autre est amplitude de l’esprit. Or l’un peut bien être sans l’autre, l’esprit pouvant être fort et étroit, et pouvant être aussi ample et faible.

3. Ceux qui sont accoutumés à juger par le sentiment ne comprennent rien aux choses de raisonnement, car ils veulent d’abord pénétrer d’une vue et ne sont point accoutumés à chercher les principes. Et les autres, au contraire, qui sont accoutumés à raisonner par principes, ne comprennent rien aux choses de sentiment, y cherchant des principes et ne pouvant voir d’une vue. » [Pascal entend par sentiment ce que Descartes appelait intuition ou évidence, la vue immédiate qui saisit l’unité et l’intégralité d’un objet]

« Mais les esprits faux ne sont jamais ni fins ni géomètres »


CONVAINCRE ET PERSUADER

Convaincre et persuader tiennent à l’effet produit sur celui à qui on s’adresse : ils constituent deux grandes visées de l’argumentation et concernent au premier chef le destinataire dont on cherche à conquérir l’adhésion.

L’auteur d’un discours argumentatif s’efforce d’entraîner l’adhésion de celui à qui il s’adresse. Quand il s’adresse à sa raison à l’aide d’arguments pour justifier sa thèse et d’exemples pour appuyer son argumentation, le tout articulé par des termes de liaison (ou connecteurs) pour exprimer des rapports logiques, sans recourir à des procédés littéraires pour émouvoir son destinataire, l’énonciateur use davantage de la conviction, de l’art de convaincre. Quand il cherche à provoquer l’émotion, en faisant appel aux sentiments ou aux passions du lecteur ou de l’auditeur, faisant en sorte que son destinataire se sente concerné par le discours, utilisant des procédés littéraires ou des arguments « ad hominem » par exemple pour renforcer son argumentation, il use davantage de la persuasion, de l’art de persuader.

Bibliographie :

Argumenter et délibérer : le dialogue, l’essai, l’apologue (T, 3ème partie - L’argumentation en dialogue, l’argumentation en essai, l’apologue et le conte).

L’argumentation (Mde, 2ème partie, B : 17 – l’apologue, 18 – le conte, 19- l’essai – 20 le dialogue argumenté - 21 – démontrer, convaincre, persuader, délibérer, 22 – L’éloge et le blâme)

Article « Argumentation », Dictionnaire des littératures

(Argumenter et délibérer : le dialogue, l’essai, l’apologue, T, 3ème partie)

« L’argumentation se présente comme un corps de techniques discursives qui visent différents auditoires pour provoquer l’assentiment, entraîner l’adhésion, produire la persuasion ou la certitude. La rhétorique, construite par Aristote, peut alors se définir comme une théorie générale de ces techniques.

L’argumentation rhétorique s’oppose d’une manière particulière à la démonstration logique (scientifique). »


CONVAINCRE

Convaincre : il s’agit de faire admettre à un interlocuteur le bien-fondé d’une idée, ou de lui faire accepter la réfutation de sa propre thèse. Cette démarche repose sur l’utilisation d’arguments recevables et acceptables par leur caractère honnête et sensé. La démarche de conviction s’appuie en général sur la « doxa ». (Mde, p. 299)

L’argumentation prend souvent la forme de la démonstration. L’énonciateur cherche à entraîner l’adhésion à une thèse en s’adressant à la raison par la mise en place d’une stratégie argumentative (le plus souvent explicite dans le cas de l’essai) qui s’appuie sur un raisonnement logique sous-tendu par des arguments illustrés par des exemples

(ex. : le Discours de la méthode, Descartes, 1637, p. 74).

Le schéma argumentatif :

La démonstration de l’analyse de texte mettra en évidence l’armature logique sous-tendue par le texte littéraire (qu’il s’agisse d’un essai, d’un dialogue ou d’un apologue) : elle précisera la logique des systèmes mis en place (logiques causale, comparative, finale par exemple), soulignera la linéarité du raisonnement par déduction ou induction sous la forme épurée du syllogisme pour dégager le circuit argumentatif de la « poétique » du texte littéraire, vérifiera la pertinence des arguments et des exemples avancés, leur adéquation entre eux et la thèse énoncée, s’attachera à reconnaître leur diversité, leur originalité, voire les limites ou les faiblesses du raisonnement (contradictions, digressions, subjectivité masquée, glissement du plan de l’énonciation argumentative à des procédés de persuasion), signalera les paradoxes, les sophismes, appréciera les différents registres mis en place pour amplifier le raisonnement logique, sans pour autant perdre de vue les enjeux d’écriture de l’auteur et du siècle auquel il appartient.

Le système énonciatif :

Dans ce type d’argumentation, l’énonciateur tend à s’effacer derrière les idées qu’il défend. Le discours revêt en général un caractère impersonnel (ce n’est pas le cas des Essais de Montaigne) : les tournures indéfinies, l’usage du « on » prévalent le plus souvent dans une situation de discours distanciée. Le destinataire le plus souvent n’est pas identifié : l’auteur s’adresse à un lecteur anonyme, sans identité précise, dont il sollicite la capacité à raisonner. La matière même de son discours est d’ordre général, et porte sur des idées abstraites ayant une portée globale.

Les outils linguistiques :

Le vocabulaire utilisé est souvent notionnel, il ne laisse que rarement transparaître la personnalité de l’énonciateur (sauf pour lui permettre de faire nettement ressortir son point de vue : appréciations personnelles dans les textes de Montaigne et de Rousseau). Le souci de l’énonciateur étant de présenter son point de vue avec le maximum de rationalité, le lexique est essentiellement dénotatif* : l’usage du terme précis, parfois technique, dans son sens propre, est la règle, parfois avec le souci méticuleux de la (re)définition (« chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » ; « nous appelons sauvages les fruits que nature […] a produits », Montaigne, Essais , I, chapitre XXXI, « Des cannibales »). L’image ou la comparaison ne sont qu’occasionnelles et, en ce cas, à valeur explicative (Montaigne, Essais, III, chapitre VI, « Des coches », p. 53). L’usage des connecteurs logiques** est fréquent, pour assurer la cohérence du discours en marquant ces articulations.

* dénotation : signification première et stable d’un mot ; par opposition à connotation (cf. PERSUADER).

** connecteurs : mots ou locutions établissant un lien entre les énoncés d’un texte ; ils peuvent être spatiaux, temporels ou logiques.



PERSUADER

Persuader : la persuasion repose sur des données différentes parce qu’il s’agit de modifier le comportement – ou la pensée du destinataire dans un but qui n’est pas nécessairement avouable. Celui qui cherche à persuader joue sur la psychologie de l’interlocuteur, sur sa sensibilité, cherche ses points faibles pour les exploiter. (Mde, p. 299)

Persuader relève de la rhétorique de l’émotion. C’est amener quelqu’un à croire, à penser, à vouloir faire quelque chose par une adhésion complète, sentimentale autant qu’intellectuelle. Celui qui veut persuader cherche surtout à obtenir l’adhésion d’un destinataire particulier. Il fera appel à la sensibilité, aux attentes, aux opinions, voire aux préjugés de celui-ci. Son argumentation visera moins le contenu de la discussion que les dispositions affectives de l’interlocuteur.

Le schéma argumentatif :

Dans la persuasion, la rigueur argumentative est moins apparente que dans une démonstration. Si les articulations logiques peuvent rester visibles, elles peuvent aussi être implicites ou incomplètes : l’argumentation peut se présenter comme la juxtaposition d’idées plutôt que comme la construction d’un raisonnement explicite. Ces dernières peuvent également être fondées sur des procédés indirects comme l’illustration par l’exemple, l’argument d’autorité (qui s’appuie sur une citation d’auteur), les comparaisons et les images. Par exemple, la séduction du discours paradoxal de Montaigne extrait « Des coches », page 53, tient à l’association de la logique discursive et du jeu métaphorique mis en place dans le premier paragraphe. Ce dispositif s’adresse aussi bien à la raison du lecteur qu’à sa sensibilité : les images sur lesquelles il se construit de même que l’ironie qui s’en dégage relèvent de la persuasion.

Les marques énonciatives :

Dans la persuasion, l’engagement du locuteur est plus sensible. Sa présence individuelle (subjective) contraste avec l’impersonnalité (l’objectivité) d’une démonstration rigoureuse. Le jeu des pronoms, (avec notamment parfois l’usage de la proximité favorisée par la première personne), les interpellations directes, mais aussi le point de vue adopté sont essentiels. Parmi les stratégies les plus fréquentes, on notera les procédés d’inclusion destinés à se concilier un destinataire (par exemple l’emploi de « nous » comme dans les textes de Montaigne) ou au contraire d’exclusion, le « tu » qui désigne Bougainville séparé ainsi de ses compagnons, la possibilité de distinguer un destinataire apparent et un destinataire réel (Diderot feint de mettre en scène un chef s’adressant à son peuple dans Supplément au Voyage de Bougainville alors qu’il vise, par son argumentation, le lecteur occidental), l’appel à une diversité de destinataires (interpellations successives de plusieurs lecteurs susceptibles de s’apitoyer sur le sort des esclaves en faisant appel pour chacun à ce qui pourrait les toucher directement dans Voyage à l’île de France. Un officier du roi à l’île Maurice de Bernardin de Saint-Pierre, 1768-1770).

La rhétorique des émotions :

La persuasion, s’adressant à la sensibilité du destinataire, recourt volontiers au lexique et à la syntaxe exprimant l’intensité de l’émotion : la colère, l’indignation plus ou moins explicite, le dénigrement. Elle peut également utiliser les ressources de la polysémie ou des connotations* ou contester le lexique de l’adversaire par un refus de le prendre en charge : « là où, à la vérité, ce sont eux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages », Montaigne, Essais, I, XXXI, « Des cannibales ». La persuasion fait un large usage des procédés d’éloquence connus depuis l’Antiquité sous le nom de figures de rhétorique telles que le parallélisme, l’antithèse, la comparaison et l’ironie (Montaigne, p. 53), de la citation d’auteurs connus ou de l’exemple qui renforcent leur autorité, et parfois remplacent un argument (argument d’autorité).

L’énonciateur cherche à émouvoir en inspirant la pitié (Andromaque dans la tragédie de Racine, III, 4) ou la sympathie (le sénateur dans la pièce de Sartre, La P… respectueuse), à susciter l’incrédulité, l’indignation (Montesquieu, L’Esprit des lois, « De l’esclavage des nègres »), ou le mépris. De façon générale, ce sont les sentiments et les passions supposées du lecteur qui sont sollicités afin qu’il réagisse en laissant prédominer ses émotions.

* connotation : signification secondaire associée au sens premier d’un mot ou d’un texte.


DELIBERER

Délibérer : la délibération est la recherche argumentée d’une réponse à une question dont l’application se fera dans un avenir proche ou éloigné. La délibération est souvent associée au dilemme qu’une personne doit trancher, soit dans la solitude (ce qui donne lieu à des monologues intérieurs), soit au cours d’un débat avec d’autres : soigner ou pas un criminel, par exemple comme dans le dialogue délibératif de Diderot, Entretien d’un père avec ses enfants. (Mde, p. 299 ; Les différentes formes de la délibération, T, Guide, p. 444)

Délibérer revient à décider par un débat, réfléchir sur une décision à prendre, peser le pour et le contre (« pensare » : penser et peser ont la même étymologie). Cette opération correspond au cas le plus abouti de l’argumentation où la confrontation d’idées et de prises de position débouche sur un jugement (individuel ou collectif).

Le débat, le dialogue, la dissertation, la délibération conduisent à la recherche d'un équilibre, d'une synthèse. Ces démarches logiques (inductives et déductives) sont génératrices de paix, de tolérance et de sagesse. Les personnes partiales qui ont la vue courte (elles font preuve de « myopie intellectuelle »), pragmatiques, égocentriques et ancrées dans le matériel les esprits "lilliputions", comme Balzac les surnomme dans Le Père Goriot, incapables de perdre de vue leur intérêt immédiat pour essayer de comprendre un raisonnement différent du leur (cf. Mme Vauquer), sont incapables de s’abstraire ("ab- traho") des réalités contingentes (quotidiennes, concrètes, matérielles) pour élever le débat et concevoir une autre position que la leur (une réfutation sous la forme d’une antithèse), encore moins de parvenir à un moyen terme qui permette de concilier deux thèses : une synthèse ("Une des manies de ces petits esprits est d'imaginer que, sous le soleil, il n’y a pas de place pour deux succès.", Illusions perdues, Balzac, p. 661). Elles restent prisonnières d'une forme de rapacité féroce et de barbarie primitive qui favorise l'état de guerre, engagent des polémiques ou entretiennent des querelles stériles (« polemos » : guerre) parce qu’elles induisent des rapports de force, incapables d'accepter la différence, l'altérité (d’où le thème : Littérature et altérité, « L’autre : un un sujet en question »), de comprendre que la diversité peut-être un facteur d'enrichissement, de concevoir les notions d'évolution et de progrès liées à l'histoire des formes et des idées ( "le temps lui-même est une forme", Roland Barthes).

Pour "comprendre" ( "cum- préhendere" ) il faut prendre en compte toutes les donner, « penser » , c’est-à-dire « peser », prendre du recul et du temps, d'où l'intérêt d'apprendre à lire, à décrypter les signes pour devenir « intelligent » au sens étymologique (« inter » et « legere » : lire et choisir entre les signes), choisir les signes et les rassembler pour les interpréter à partir d’un parcours herméneutique de décryptage des signes (s’intéresser à la « poétique » du texte, à son mode de fonctionnement) complété par un parcours épistémologique qui permette de vérifier les premières hypothèses de lecture (connaissances conceptuelles, génériques et historiques : sur l’écrivain, la période ou le mouvement littéraire et culturel auquel il appartient, sur le genre, la typologie, les registres du texte) afin de développer une « critique » autorisée du texte.

« Tout est signe, et tout signe est message » , Proust

Ces démarches supposent ouverture d’esprit et curiosité intellectuelle, capacités d’abstraire (« Ni rire ni pleurer, mais comprendre », Spinoza) et honnêteté intellectuelle, les qualités qui ouvrent la voie d’un parcours heuristique.

« Tempo e galant’uomo », Figaro dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais.


"Tous les textes qui sont donnés ici sont comme les maillons d'une chaîne de sens, mais cette chaîne est flottante. Qui pourrait la fixer, lui donner un signifié sûr ? Le temps peut-être : rassembler des textes anciens dans un livre nouveau, c'est vouloir interroger le temps, le solliciter de donner sa réponse aux fragments qui viennent du passé ; mais le temps est double, temps de l'écriture et du temps de la mémoire, et cette duplicité appelle à sont tour un sens suivant : le temps lui-même est une forme."

Roland Barthes, Essais critiques, Préface, 1964 (p. 18)


L’essai, le dialogue*, l’apologue : des genres proches à visée essentiellement argumentative (à la différence du texte dramatique, du texte poétique et du texte narratif qui n’ont pas forcément une visée argumentative). L’essai peut avoir recours au dialogue et à l'apologue pour mettre en scène ou illustrer une théorie. Plus ou moins engagés, se voulant plus ou moins objectifs, ces trois types de textes : l’essai, le dialogue et l’apologue, orientent plus ou moins le lecteur vers une délibération, ils le font réfléchir à un problème de société, moral, psychologique ou philosophique (existentiel ou métaphysique). L’auteur peut chercher à éclairer ou à embrigader. Le texte peut être ironique, satirique ou polémique. L’argumentation sera explicite, implicite ou combiner l’explicite (argumentation directe) et l’implicite (argumentation indirecte : « dispositio », ellipse ou stratégie du détour)


* le dialogue argumentatif : il peut-être polémique ou philosophique (heuristique ou didactique)


*La polémique : "polemos" = "guerre" , querelle, dispute, conflit, controverse, contestation


*Limites ou difficultés à résoudre par l'argumentation logique : aporie (difficulté d'ordre rationnel paraissant sans issue), antinomie (cœur ou raison ? « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », antanaclase extraite des Pensées de Pascal ; logique ou sensibilité ? Rousseau, Confessions ; image ou discours ?) ; paradoxe ; dilemme ; polémique, partialité, passion ("hybris", mauvaise foi, arguments "ad hominem") ; querelles littéraires et/ou idéologique qui résultent de malentendus, d’absence ou de refus de communication, d’incapacité à s’entendre pour délibérer : progresser vers une résolution logique qui prennent en compte toutes les données à partir d’un examen de l’ensemble du dossier afin de trouver un terrain d’entente.


Exemples de querelles littéraires :

Pascal / Montaigne ("le sot projet qu'a eu Montaigne de se peindre" le "moi haïssable"

La querelle des Anciens et des Modernes : fiche repère p. 168 ((Perrault, p. 82 / Boileau, La Fontaine, p. 83, p. 87, La Bruyère, 85)

Querelle Rousseau (« un optimiste triste ») / Voltaire (« un pessimiste gai »);

La philosophie des Lumières : « Un contexte de libération » , « Les armes des Lumières », p. 169

La Controverse de Valladolid, Jean-Claude Carrière (1992), p. 400 (argument "ad hominem") : dialogue polémique ;

sujet des EAF 2002 : corpus de textes sur la guerre (objet d'étude : convaincre, persuader, délibérer) ;

sujet EAF 2005 : Boileau : « Art poétique », un manifeste poétique classique/Victor Hugo : « Réponse à un acte d’accusation », un manifeste poétique romantique.


Problématique : littérature et engagement


« C’est de la faute à Rousseau, c’est de la faute à Voltaire » , Gavroche

(Les Misérables, V. Hugo)


L’ESSAI

L’essai : l’argumentation en essai (T , 3ème partie : Argumenter et délibérer : le dialogue, l’essai, l’apologue; Mde, 2ème partie, B : 19 –l’essai - Repères pour analyser un extrait d’essai, p. 278 )

Genre : il relève de la littérature didactique et de sa logique discursive, d’une littérature d'idée à visée démonstrative et argumentative ;

Type de texte : argumentatif (logique, abstrait, théorique, démonstratif) ; l’énonciation est en général à la 3ème personne du singulier ;

L'essai se distingue des autres genres et types de textes : narratif, théâtral ou poétique. Essentiellement logique, il appartient à la littérature d’idées et procède généralement de l’induction à la déduction (ou inversement), même s’il use souvent de l’ « exemplum » et de procédés narratifs, poétiques ou dramatiques pour persuader (le « movere » contribue au « docere » pour rendre la démonstration logique plus persuasive en faisant appel aux émotions du lecteur), il vise à convaincre et à persuader.

Méthode d’analyse : rechercher la progression logique du raisonnement dans ce type de texte ou dans tout texte construit suivant une logique argumentative, mettre en évidence la stratégie argumentative, le dispositif logique explicite ou implicite qui sous-tend le texte, selon l’argumentation (directe ou indirecte), apprécier les qualités et les limites du raisonnement (efficacité, plus ou moins grande objectivité, ouverture vers une délibération).

L’essai est la mise à l’épreuve d’une réflexion. Il relève de l’argumentation abstraite mais la démonstration peut également, comme c’est le cas chez Montaigne, s’appuyer sur des exemples, des comparaisons et des images.

Montaigne fait aussi bien appel à la raison qu’à la sensibilité et à l’imagination de son lecteur : en témoignent la stratégie argumentative et les images mises en place dans ses Essais. Montaigne est à la fois un philosophe et un auto-portraitiste qui manifeste sa philosophie et son égotisme en faisant preuve d’inclusion (son discours n’est jamais coupé de la situation d’énonciation, il s’exclut rarement de son discours à la première personne, étant comme il l’écrit « la matière de (son) livre »). Le philosophe humaniste est un penseur qui s’appuie sur l’expérience pour philosopher sur lui-même et sur le monde qui l’entoure : il ne sépare jamais le corps et l’esprit et, procédant « par sauts et par gambades », selon ses propres termes, il assume sa subjectivité et convoque son lecteur dans l’espace de son discours à l’aide de la première personne du pluriel pour l’amener par des procédés heuristiques (interrogations, ironie, hypothèses, et paradoxes) à s’interroger avec lui, aux limites du Rationalisme.


Corpus de textes présentés à l’oral des EAF 2007 :

Montaigne, Essais, Livre I, chapitre XXVI (P. 34), « De l'institution des enfants » *

* en perspective croisée avec l'Humanisme

Livre III, chapitre VI, « Des coches », 1580–1588–1595 (p. 53)

Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755

(p. 406) : les deux premiers paragraphes.


Autres textes de Montaigne à lire, lus ou étudiés :

Montaigne, Essais, I, XXXI, extrait « Des cannibales » : « Or, je trouve, pour revenir à mon propos , qu’il n’y a rien de barbare en cette nation» (texte polycopié) ;

Montaigne, Essais, I, XXXI, extrait « Des Cannibales » : « Trois d’entre eux furent à Rouen » (texte polycopié) ;

Montaigne, Essais, III, VI, « Des coches » : « La plupart de leurs réponses et des négociations faites avec eux » (texte polycopié) ;

Montaigne s’interroge aussi sur la question de la torture dans un texte extrait du chapitre V au « Livre second » des Essais : « De la conscience » (p. 36)

Montaigne s’interroge sur la relativité des perceptions humaines : « Qu’on loge un philosophe dans une cage », Montaigne, chapitre XII du Livre second des Essais : « Apologie de Raimond Sebond »


Autres textes de Rousseau à lire, lus ou étudiés :

Emile ou de l’éducation (1762), p. 110 ;

la critique des fables de La Fontaine, ibid. (texte polycopié);

un extrait des Dialogues de Rousseau juge de Jean-Jacques (texte polycopié)


Autres exemples d’essais littéraires à lire :

Thomas More, Utopie, extrait, 1516, p. 22 (lecture intégrale conseillée)

Erasme, Eloge de la folie, 1511, extrait, p. 40 (lecture intégrale conseillée)

Machiavel, Le Prince, 1532, p. 44

René Descartes, Discours de la méthode (1637), p. 74 (« Cogito ergo sum » : « Je pense, donc je suis » : enthymême/ syllogisme abrégé)

Blaise Pascal, Pensées (1670), pp. 78 et 428 (« Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? » )

Montesquieu, De l’Esprit des lois (1748), p. 92

Voltaire, Traité sur la tolérance, (1763), p. 102 [cf. L’apologue : « De l’horrible danger de la lecture » (1765), p. 150]

les articles de l’Encyclopédie, pp. 94, 96, 98

Charles Baudelaire, Ecrits sur l’art, « Exposition universelle de 1855 » (1855), p. 408 ;


LE DIALOGUE


Le dialogue : l’argumentation en dialogue

(Argumenter et délibérer : le dialogue, l’essai, l’apologue, T, 3ème partie ; les différentes formes de la délibération , T, p. 444 ; Mde, 2ème partie, B : 20 le dialogue argumenté)

Les textes dialogiques à visée argumentative mettent en scène une délibération qui relève de l’argumentation. Ils sont proches du genre théâtral. L’expression d’une thèse et d’une antithèse permettent au lecteur de se faire lui-même son opinion, même si le raisonnement est parfois davantage orienté dans un sens : le lecteur-spectateur est tenu à distance par la mise en scène dramatique, une forme de « catharsis », plus intellectuelle qu’émotionnelle, peut opérer.

Diderot a mis à l’honneur ce type de débat dans des dialogues confrontant deux aspects de sa propre personnalité. Le dialogue met en scène la discussion qui doit aboutir, à l’intérieur du personnage, à une décision importante. [les différentes formes de la délibération , T, p. 444 ]. La mise en scène du dialogue est étudiée en perspective croisée avec l’objet d’étude : le théâtre. Diderot a adopté la forme du roman dialogué mais il s’est aussi beaucoup intéressé au théâtre : théoricien d’un théâtre inséré dans la réalité de son temps, il a écrit un essai, Paradoxe sur comédien (1773-1778). Le théâtre psychologique des siècles précédents doit, selon lui, devenir théâtre social, utiliser les ressorts du pathétique et de la sensibilité pour émouvoir sans couper le spectateur des réalités sociales, le faire réfléchir et surtout réagir. Beaumarchais, fervent admirateur de Voltaire et des Encyclopédistes, parviendra à mettre en scène les revendications des « Lumières » dans un théâtre qui réalisera les ambitions contestataires des Encyclopédistes.

Suivant le vœu de Voltaire et de Diderot, l’écriture devient un acte à visée politique et le dialogue le meilleur vecteur des idées des « Lumières ».

Le dialogue heuristique : ("heuriskein" : « trouver » ; « hypothèse heuristique » : qui sert à la découverte; méthode heuristique : consiste à faire découvrir à l'élève ce qu'on veut lui enseigner ; méthode d'exploration qui procède par évaluations successives et hypothèses provisoires (propositions) cf. la « maïëutique » socratique et le scepticisme de Montaigne : « Que sais-je ? »

Diderot, Entretien d’un père avec ses enfants, 1773 : « Moi - Non ; mais permettez » à la fin. (p. 386)

Lectures complémentaires :

Lecture intégrale obligatoire : La Controverse de Valladolid, Jean-Claude Carrière (p.400)

Lectures cursives :

l’incipit des Dialogues de Rousseau juge de Jean-Jacques (1773 ; 1796) ;

Diderot, Jacques le Fataliste et son maître, 1773 ; Supplément au voyage de Bougainville, 1796 (romans dialogués).

En perspective croisée avec l’objet d’étude : le théâtre.

Diderot, Paradoxe sur comédien (1773-1778).

Une interview de Roger Planchon ;

Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute ; l’ incipit de Enfance (en perspective croisée avec le biographique)

Une interview de Nathalie Sarraute et de Paul Auster ;

Problématiques :

Typologie des textes : le texte dialogique est à étudier dans la perspective du texte argumentatif, narratif et théâtral (narration/énonciation ; rôle du narrateur ; présence ou absence de didascalies)

Vrai ou faux dialogue ? : le dialogue met-il en scène véritable situation de communication ? Y a t-il échange ? délibération ? vrai ou faux dialogue ?


"La forme du dialogue m'ayant paru la plus propre à discuter le pour et le contre"

Dialogues de Rousseau juge de Jean-Jacques, Rousseau (­­60)


L’APOLOGUE

L’apologue : né dans l’Antiquité gréco-latine, l’apologue (court récit en vers ou en prose à visée argumentative) s’est diversifié sous plusieurs formes, paraboles bibliques, fables, maximes, avec toujours la même vocation narrative et didactique et des succès divers selon les époques (cf. les paraboles évangéliques : Evangile selon Saint-Luc, Ier siècle, Nouveau Testament, « La parabole du riche et de Lazare », p. 425 ; l’apologue d’Esope : « la langue est la meilleure et la pire des choses » ; Esope, Fables, « L’aigle et la renarde », VIème siècle avant Jésus-Christ, p. 424 ; « Les membres et l’estomac » : apologue qui a inspiré Ménénius Agrippa en 494 avant Jésus-Christ, puis La Fontaine au XVIIème siècle).

Le mot « apologue » désigne un court récit en vers ou en prose, racontant une histoire qui comporte un enseignement ou une morale. L’apologue est en général construit sur une comparaison. Suivant la définition du genre, l’apologue ou le conte adoptent la stratégie du détour de la fable pour convaincre et persuader. Ils relèvent de l’implicite, d’où la critique de Rousseau dans Emile ou De l’éducation, livre II, 1762.

Cf. l’apologue et le conte, T, Guide, p. 445 (Argumenter et délibérer : le dialogue, l’essai, l’apologue, T, 3ème partie ; Mde, 2ème partie, B : 17 – l’apologue, 18 – le conte)


UN TEXTE NARRATIF : le récit (ou l’apologue) relève du discours narratif (Mde, p. 160) : l’histoire est prise en charge par un narrateur parfois présent dans le texte (« je » dans « Histoire d’un bon bramin », le conte philosophique de Voltaire), qui prend position, apprécie, juge et donne donc une orientation au lecteur.


UN TEXTE DIDACTIQUE : l’apologue a aussi une finalité éducative. Il se met au service d’un enseignement moral ou social, qui se révèle  quand il s’agit de fables  dans une moralité. Le discours narratif se complète ou se double de discours argumentatif : la plupart du temps ces deux formes de discours sont confondues. C’est ce qui fait la spécificité de l’apologue. En général, l’enseignement, implicite, est à déduire des fils de la narration. La morale est parfois explicite comme dans certaines fables de La Fontaine (« Le Laboureur et ses Enfants », « Les deux amis », « Le Loup et l’Agneau », « Le Corbeau et le Renard », « Les Obsèques de la lionne »).

La parabole* (« comparaison ») : récit allégorique des livres saints sous lesquels se cache un enseignement

Le conte : considéré comme le récit d’une histoire exemplaire, le conte conduit le lecteur à réfléchir sur la relation des situations et sur leur signification. Incarnant deux extrêmes, les deux personnages sont des types représentant des catégories : ils permettent au lecteur, à ce titre, diverses identifications et appropriations, ce qui favorise comme dans le dialogue argumentatif ou la dissertation, la délibération.


L’apologue ou le conte philosophique : quelle est la limite entre le conte philosophique court et l’apologue ?

L’apologue et le conte philosophique de Voltaire sont de courts récits en prose à visée argumentative qui s’inspirent de la parabole*

1. « apologus » (1490) : petite fable visant essentiellement à illustrer une leçon de morale ;

2. Selon l’Encyclopédie au XVIIIème siècle : fable morale ou espèce de fiction dont le but est de corriger les mœurs des hommes.

3. Selon l’Encyclopaedia Universalis, il semblerait que le mot apologue soit préféré à celui de fable lorsqu’on veut mettre l’accent sur la dimension pédagogique du récit, sur sa finalité morale.


Le conte philosophique de Voltaire : cf. définition dans l’introduction à Candide (article joint prochainement)

Il fonctionne comme les autres apologues, en mettant en scène une situation exemplaire, qui permet l’identification et l’appropriation et qui conduit à une réflexion et à un enseignement moral, social ou philosophique. Dans le conte de Voltaire, l’orientation est plus philosophique et psychologique que morale. Mais on comprend qu’elle conduit à une morale sociale à une mise en application des valeurs des « Lumières ».


Problématiques :

En quoi ce texte est-il un apologue ? (définition, p. 445 ; Mde, pp. 262-3 )

En quoi cette fable (ou ce conte philosophique) est-il un apologue ?

Quel est le sens de cet apologue ?

Comment Voltaire (ou La Fontaine) mêle-t-il les fils de la narration et de l’argumentation ?

Quelle est la fonction didactique de cet apologue ?

Comment la narration est-elle ici au service de l’argumentation ?

Cet apologue ouvre-t-il la voie à la délibération ?

Comment cet apologue ouvre-il la voie à la délibération ?

En quoi cette fable illustre-t-elle le Classicisme ?

Qu’est-ce qui fait la force argumentative de cet apologue?

Qu’est-ce qui rend cette fable divertissante ?

Qu’est-ce qui rend la démonstration de cet apologue originale et efficace ?

La Fontaine fait-il l’apologie de la « Royauté » ?

Qu’est-ce qui, dans cet apologue, relève du merveilleux et de la fantaisie du conte ?

Qu’est-ce qui rend la lecture de cet apologue agréable ?


Problématiques génériques : convaincre, persuader, délibérer / L’apologue

1./ En quoi ce texte relève-t-il de la stratégie du détour du conte ? un récit qui relève du merveilleux ou de l’exotisme (fantaisie, intemporalité, universalité d’un récit divertissant)

2./ En quoi relève-t-il de la stratégie argumentative de l’apologue ? (un enseignement)


Paramètres :

La stratégie du détour ;

Une double lecture possible (sens premier ; existe-t-il un sens caché ?)

Un morale explicite/implicite

La délibération est-elle possible ? L’apologue la favorise-t-elle ?

(Histoire d’un bon bramin : oui ; Candide : non, à cause de l’ironie)


Exemple de textes présentés à l’oral des EAF :

La Fontaine, « Les membres et l’estomac », Fables, Livre 3, 1668 (p. 427)

Voltaire, Histoire d’un bon bramin, 1761 (p. 435)

Lecture complémentaire obligatoire : Candide, Voltaire (1758-1759)


Bibliographie complémentaire :

EAF 2006, Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin, « La légende de l’homme à la cervelle d’or », 1869

Corpus du DST 1 : Rousseau et les Fables de La FontaineEsope, Fables, « L’aigle et la renarde », VIème siècle avant Jésus-Christ, p. 424

Evangile selon Saint-Luc, Ier siècle, Nouveau Testament, « La parabole du riche et de Lazare », p. 425

Pascal, Pensées, 1670, p. 428

La Bruyère, Caractères, 1688, p. 430

Perrault, Contes , 1695, p. 431 ; préface, p. 433

La Fontaine, « Les Obsèques de la lionne » ; « Le Loup et le Chien » ; « La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le lion » ; « Le Lion et le Moucheron » ; « Le Philosophe scythe » (1693), p. 87

Rousseau, Emile ou De l’éducation, 1762

Voltaire, « De l’horrible danger de la lecture » (1765), p. 150

Voltaire, L’Ingénu

Jean Anouilh, « Le Loup, la louve et les louveteaux », Fables, 1946


Les limites du Rationalisme en littérature :


"On ne pense que par images, si tu veux être philosophe, écris des romans", Camus


La littérature ne saurait être réduite à un système de signes ordonnés à visée argumentative, à une lecture pragmatique.


N’est-ce pas « la contradiction qui donne la vie en littérature » ? (Balzac, Illusions perdues)


Plusieurs paramètres pourront être convoqués pour soulever des problématiques liées à l’efficacité de l’argumentation rationnelle et aux limites du rationalisme en littérature : les dialectiques :

de l’explicite et de l’implicite ;

de l’énonciation et de la narration (Mde, 1ère partie – C – Les instruments de l’analyse littéraire – 8 – Le système de l’énonciation) ;

du didactique et du délibératif ;

de l’objectivité et de la subjectivité ;

de l’éloge et du blâme ;

de la conviction et de la persuasion ;

de l’argumentation directe ou indirecte ;

de la « poétique » et de la «critique» des textes ;

de la pensée logique (rationnelle) et de la pensée « magique » (« fantaisiste » : étymologiquement, « qui relève de l’imagination ») …

du conscient ou de l’inconscient ;

de l’ « apollinien » et du « dionysiaque » (selon la définition de Nietzsche) ;

du « classicisme » (règles et tradition, contrôle des émotions et des passions, « moi haïssable »), des « Lumières » (rationalisme) et du « baroque » (« de forme irrégulière »), du « romantisme » (« démonisme », « Sturm und Drang » de Goethe)


« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », Pascal, Pensées, Section IV, 277 (antanaclase : figure de rhétorique qui joue sur la polysémie de mots de forme et de sons identiques)



Exemples de questions pour l’oral des EAF

Convaincre, persuader, délibérer/ l’essai, la fable, le conte philosophique


Ce texte ouvre-t-il la voie à la délibération ?

Quelles réactions ce texte suscite-t-il en vous ?


Questions génériques :

Quelle est la fonction didactique de ce texte ?

Quels sont les enjeux de ce texte ?

Quelle est la visée argumentative de ce texte ?

Quelle est la thèse énoncée dans ce texte ?

Quelles sont les thèses énoncées dans ce texte ?

Quelles sont les stratégies convictives et persuasives mises en place dans cet essai ?

(ce dialogue ? cet apologue ?)

Quelles sont les qualités argumentatives de ce texte ?

Les procédés argumentatifs employés dans ce texte vous paraissent-ils efficaces ? Pourquoi ?

Que pensez-vous de la stratégie argumentative de l’auteur dans ce texte ?

Cette démonstration vous paraît-elle convaincante ?

L’argumentation de l’auteur est-elle convaincante ? (est-elle persuasive ?)

L’argumentation est-elle plus convaincante que persuasive ?

L’argumentation est-elle plus persuasive que convaincante ?

Quelles sont les qualités et les limites de l’argumentation de ce texte ?

La thèse de l’auteur vous paraît-elle objective ?

Qu’est-ce qui fait l’originalité de la stratégie argumentative de Montaigne ?

(Montaigne, La Fontaine, Diderot, Rousseau, Voltaire)

En quoi ce texte relève-t-il de l’essai ? (du dialogue ? de l’apologue ?)

Comment la narration est-elle ici au service de l’argumentation ?

Quelles sont les thèses mises en scène dans ce dialogue ?

Pourquoi, selon vous, Diderot a-t-il choisi la forme du dialogue ?

Comment la forme du dialogue favorise-t-elle la délibération ?

Le dialogue est-il, selon vous, un bon moyen de mettre en scène une argumentation ?

Quelles sont les caractéristiques de cette argumentation dialoguée ?

Qu’est-ce qui accrédite la thèse du « bon bramin » (du docteur Bissei) ?

Quel rôle le narrateur joue-t-il dans ce dialogue ?

Qu’est-ce qui discrédite la thèse de « Moi » dans le dialogue de Diderot ?

L’argumentation progresse-t-elle ?

Comment l’argumentation progresse-t-elle ?


En perspective croisée avec les mouvements (ou les périodes) littéraires :

Comment les valeurs humanistes (des « Lumières ») sont-elles exprimées dans ce texte ?

En quoi ce texte est-il représentatif des valeurs des « Lumières » ?

Comment l’Humanisme de Montaigne se manifeste-t-il dans ce texte ?

La Fontaine, dans cette fable, fait-il l’apologie de « la Royauté » ?

En quoi cette fable illustre-elle le Classicisme ?





1ère ES 1 - http://tempoeroman.blogspot.com

http://tempoeroman.blogspot.com


Le making of du roman collectif "générationnel" :


Thème : le lycéen et l'art dans sa ville, dans son école, dans ses voyages...


Enquête "générationnelle" : quelle(s) réussite(s) pour demain ?


1ère ES => lundi 13 septembre : devoir d'invention

Rédaction d'une première page de roman à partir d'un exemple d'incipit de roman

(proportions du texte : nombre de lignes et de paragraphes, disposition : mise en page ; dramaturgie de l'incipit)


"Nulla dies sine linea"

("Pas un jour sans une ligne")



=> Entraînement à la dissertation :

"Ceux qui croient que lire est une fuite sont à l'opposé de la vérité : lire, c'est être mis en présence du réel dans son état le plus concentré."

Partagez-vous cette définition de la lecture donnée par Amélie Nothomb* dans Antéchrista ?

Justifiez votre réponse et illustrez-la à partir d'exemples précis empruntés à vos lectures.


*****

* Rentrée littéraire : www.France5 : "La grande librairie"

Amélie Nothom, Une forme de vie

Jean d'Ormesson, C'est une chose étrange à la fin que le monde


"C'est une chose étrange à la fin que le monde

Un jour je m'en irai sans avoir tout dit

Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Il y aura toujours un couple frémissant

Pour ce matin-là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau,le vent,la lumière

Rien ne passe après tout si ce n'est le passant"


Aragon, cité par Jean d'Ormesson

1ère ES 1 - Programmation des sorties au théâtre : http://tempoetheatre.blogspot.com


Forêts, Wajdi Mouawad



dimanche 19 septembre à 14 heures au Théâtre de Chaillot


=>lundi 13 septembre : lettre de décharge parentale + chèque à l'ordre du Théâtre de Chaillot




Durée du spectacle :

3h45 dont pause de 15 min

Photo Forêts  - Wajdi Mouawad
Forêts
Forêts
Forêts
Forêts

Littoral, Incendies et Forêts sont les trois opus d’une épopée théâtrale signée Wajdi Mouawad, où les destins des personnages se croisent, où les fêlures humaines, intimes, familiales et historiques se mêlent. Un théâtre de la vie.

À travers les destins croisés de sept femmes liées par le sang, toutes entraînées par les grands bouleversements historiques du xxe siècle, Forêts remonte aux sources des fêlures humaines, intimes, familiales, historiques. Forêts tresse le fil des origines de Loup et au-delà d’Aimée sa mère, ainsi que d’Odette, Hélène, Léonie, Ludivine, Sarah et Luce. Pour Wajdi Mouawad Forêts est le récit de ces femmes qui, suite à un événement qui s’abat sur la plus jeune d’entre elles, se retrouvent brutalement face à l’incohérence de leur existence. Comme toujours chez Wajdi Mouawad, la grande Histoire et la petite, celle de nos vies, sont imbriquées. Forêts, d’une certaine manière, renvoie aux tragédies de Sophocle comme à notre monde actuel dans un télescopage de sentiments, de peur et d’espoir. Wajdi Mouawad y déploie toute la richesse de son imaginaire et transporte le spectateur dans un temps suspendu. Celui du théâtre de la vie.

Philippe Noisette


« Je n’ai pas de mission. Je cherche vraiment à faire en sorte que le regard du spectateur soit détourné du fabriquant, et qu’il regarde l’objet. C’est ainsi que la beauté de la pièce révèle ses messages, même les plus violents. C’est un dialogue avec le public. De là, donc, peut surgir beaucoup de choses.»

Wajdi Mouawad


*****

Options Théâtre 1ère et Terminale (programmation à repréciser en 1ère ES 1)



1ère ES 1 - Calendrier du mois de septembre 2010



Littérature et altérité : l'autre, un sujet en question


"Amant alterna Camenae", Virgile

("Les Muses aiment les chants alternés")



*****


Objets d'étude (en perspective croisée) :

La poésie : poésie et déchiffrement du monde (fonctions du poète et de la poésie)

Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde

L'argumentation : directe et indirecte

"Les Lumières" : littérature et engagement

Lecture intégrale : Candide, Voltaire
=> vendredi 24 septembre : rédaction du commentaire organisé de l'incipit de Candide

Le théâtre : texte et représentation

lecture intégrale : Le Mariage de Figaro, Beaumarchais




"Les Inséparables" d'Esther Shalev-Gerz


Bibliographie :

La Controverse de Valladolid, Jean-Claude Carrière

Portraits, La Bruyère

Fables, La Fontaine

Lettres persanes, Montesquieu

Candide, Voltaire


*****


Littérature et altérité : l'autre, un sujet en question

5 objets d'étude présentés à l'oral des EAF :


L'argumentation (directe et/ou indirecte) :

Littérature et altérité, de l'Humanisme aux Lumières

(un groupement de 5 textes + lecture intégrale de Candide + 5 extraits )


L'esprit des Lumières
: littérature et engagement

(lecture intégrale de Candide + 5 extraits + un groupement de 5 textes)


Le théâtre : texte et représentation

Le Mariage de Figaro
, Beaumarchais

(lecture intégrale + 5 extraits)


Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde

La Princesse de Clèves
, Madame de La Fayette (à revoir)


(lecture intégrale du roman : 5 extraits étudiés)



La poésie :
les fonctions du poète et de la poésie - poésie et déchiffrement du monde

(un groupement de 5 poèmes)



"Amant alternae Camenae", Virgile


*****


La force de la parole


"Nous devons notre salut à la force des mots", Les Suppliantes


L'autre, un sujet en question : l'accueil de l'étranger et l'hospitalité comme devoir

avec "la mesure en héritage"



Dialectique ou polémique ?


Argumenter, c'est donner ses raisons


Ecouter : c'est prendre en compte la parole de l'autre

Disserter : c'est écouter des points de vue différents et mettre en jeu ses connaissances littéraires pour servir différentes thèses, avec la perspective d'une synthèse délibérative.


"Il faut que vienne à moi une pensée qui sauve", Les Suppliantes


Débat : une identité se construit-elle forcément sur le mode de la conflictualité ?


"Quand je délibère, les jeux sont faits", Sartre


Dialectique ou polémique ?

Convaincre : est-ce "vaincre" les résistances de l'autre ou défendre son point de vue sans négliger pour autant d'écouter celui de l'autre ?

Persuader : est-ce "séduire" au sens de "vaincre" en jouant sur la sensibilité de l'autre pour le conduire à soi ("se"-"ducere" en latin) ou ou user de toutes les ressources de la poétique du texte pour faire entendre sa voix sans pour autant chercher à couvrir celle des autres voix ?


Lire et écrire : deux pôles complémentaires


L'accueil de l'étranger et l'hospitalité comme devoir : « la mesure en héritage »


www.tempoetheatre.blogspot.com


Les Suppliantes, tragédie grecque d'après Eschyle

Texte français, adaptation et mise en scène d'Olivier Py, Directeur de L'Odéon-Théâtre de l'Europe



Odéon, Théâtre de l'Europe « hors les murs »

Sujet des EAF 2010

EAF 2010 - sujet national séries ES / L

21 juin 2010

Voici en ligne le sujet national proposé pour la session 2010 à l’Épreuve Anticipée de Français (séries ES/S). Une analyse du sujet ainsi que les corrigés seront mis en lignes prochainement.

Sujet national séries ES/S

Objet d’étude : L’argumentation

Convaincre, persuader et délibérer

Corpus

  • Texte A : Fénelon, Les Aventures de Télémaque (1699), septième livre

  • Texte B : Montesquieu, Lettres persanes (1721), lettre XII

  • Texte C : Voltaire, Candide (1759), chapitre XXX

  • Texte A : Fénelon, Les Aventures de Télémaque
Télémaque et son précepteur Mentor sont de retour aux abords de l’île de Calypso. Ils rencontrent un capitaine de navire dont le frère Adoam leur livre les dernières nouvelles et leur dépeint un pays extraordinaire, la Bétique.

Le fleuve Bétis coule dans un pays fertile et sous un ciel doux, qui est toujours serein. Le pays a pris le nom du fleuve, qui se jette dans le grand Océan, assez près des Colonnes d’Hercule (¹) et de cet endroit où la mer furieuse, rompant ses digues, sépara autrefois la terre de Tharsis (²) d’avec la grande Afrique. Ce pays semble avoir conservé les délices de l’âge d’or. Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux aquilons (³) n’y soufflent jamais. L’ardeur de l’été y est toujours tempérée par des zéphyrs (4) rafraîchissants, qui viennent adoucir l’air vers le milieu du jour. Ainsi toute l’année n’est qu’un heureux hymen du printemps et de l’automne, qui semblent se donner la main. La terre, dans les vallons et dans les campagnes unies, y porte chaque année une double moisson. Les chemins y sont bordés de lauriers, de grenadiers, de jasmins et d’autres arbres toujours verts et toujours fleuris. Les montagnes sont couvertes de troupeaux, qui fournissent des laines fines recherchées de toutes les nations connues. Il y a plusieurs mines d’or et d’argent dans ce beau pays ; mais les habitants, simples et heureux dans leur simplicité, ne daignent pas seulement compter l’or et l’argent parmi leurs richesses : ils n’estiment que ce qui sert véritablement aux besoins de l’homme. Quand nous avons commencé à faire notre commerce chez ces peuples, nous avons trouvé l’or et l’argent parmi eux employés aux mêmes usages que le fer, par exemple, pour des socs de charrue. Comme ils ne faisaient aucun commerce au-dehors, ils n’avaient besoin d’aucune monnaie. Ils sont presque tous bergers ou laboureurs. On voit en ce pays peu d’artisans : car ils ne veulent souffrir que les arts qui servent aux véritables nécessités des hommes ; encore même la plupart des hommes en ce pays, étant adonnés à l’agriculture ou à conduire des troupeaux, ne laissent pas d’exercer les arts nécessaires pour leur vie simple et frugale. [ … ]

Quand on leur parle des peuples qui ont l’art de faire des bâtiments superbes, des meubles d’or et d’argent, des étoffes ornées de broderies et de pierres précieuses, des parfums exquis, des mets délicieux, des instruments dont l’harmonie charme, ils répondent en ces termes : « Ces peuples sont bien malheureux d’avoir employé tant de travail et d’industrie à se corrompre eux-mêmes ! Ce superflu amollit, enivre, tourmente ceux qui le possèdent : il tente ceux qui en sont privés de vouloir l’acquérir par l’injustice et par la violence. Peut-on nommer bien un superflu qui ne sert qu’à rendre les hommes mauvais ? Les hommes de ces pays sont-ils plus sains et plus robustes que nous ? Vivent-ils plus longtemps ? Sont-ils plus unis entre eux ? Mènent-ils une vie plus libre, plus tranquille, plus gaie ? Au contraire, ils doivent être jaloux les uns des autres, rongés par une lâche et noire envie, toujours agités par l’ambition, par la crainte, par l’avarice, incapables des plaisirs purs et simples, puisqu’ils sont esclaves de tant de fausses nécessités dont ils font dépendre tout leur bonheur ».

1. Ainsi sont appelées, dans l’Antiquité, les montagnes qui bordent, du côté de l’Europe et du côté de l’Afrique, le détroit de Gibraltar, aux limites du monde connu.
2. la terre de Tharsis : dans l’Antiquité, nom donné à la péninsule ibérique.
3. nom poétique des vents du nord.
4. vents d’ouest, doux, tièdes et agréables.
  • Texte B : Montesquieu, Lettres persanes
Les Troglodytes sont un peuple imaginaire dépeint dans trois lettres successives. Le texte ci-dessous est un extrait de la deuxième.

Qui pourrait représenter ici le bonheur de ces Troglodytes ? Un peuple si juste devait être chéri des dieux. Dès qu’il ouvrit les yeux pour les connaître, il apprit à les craindre, et la Religion vint adoucir dans les moeurs ce que la Nature y avait laissé de trop rude.

Ils instituèrent des fêtes en l’honneur des dieux : les jeunes filles ornées de fleurs, et les jeunes garçons les célébraient par leurs danses et par les accords d’une musique champêtre. On faisait ensuite des festins où la joie ne régnait pas moins que la frugalité. C’était dans ces assemblées que parlait la nature naïve ; c’est là qu’on apprenait à donner le cœur et à le recevoir ; c’est là que la pudeur virginale faisait en rougissant un aveu surpris, mais bientôt confirmé par le consentement des pères ; et c’est là que les tendres mères se plaisaient à prévoir de loin une union douce et fidèle.

On allait au temple pour demander les faveurs des dieux ; ce n’était pas les richesses et une onéreuse abondance : de pareils souhaits étaient indignes des heureux Troglodytes ; ils ne savaient les désirer que pour leurs compatriotes. Ils n’étaient au pied des autels que pour demander la santé de leurs pères, l’union de leurs frères, la tendresse de leurs femmes, l’amour et l’obéissance de leurs enfants. Les filles y venaient apporter le tendre sacrifice de leur cœur, et ne leur demandaient d’autre grâce que celle de pouvoir rendre un Troglodyte heureux.

Le soir, lorsque les troupeaux quittaient les prairies, et que les bœufs fatigués avaient ramené la charrue, ils s’assemblaient, et, dans un repas frugal, ils chantaient les injustices des premiers Troglodytes et leurs malheurs, la vertu renaissante avec un nouveau peuple, et sa félicité. Ils célébraient les grandeurs des dieux, leurs faveurs toujours présentes aux hommes qui les implorent, et leur colère inévitable à ceux qui ne les craignent pas ; ils décrivaient ensuite les délices de la vie champêtre et le bonheur d’une condition toujours parée de l’innocence. Bientôt ils s’abandonnaient à un sommeil que les soins et les chagrins n’interrompaient jamais.

La nature ne fournissait pas moins à leurs désirs qu’à leurs besoins. Dans ce pays heureux, la cupidité était étrangère : ils se faisaient des présents où celui qui donnait croyait toujours avoir l’avantage. Le peuple troglodyte se regardait comme une seule famille ; les troupeaux étaient presque toujours confondus ; la seule peine qu’on s’épargnait ordinairement, c’était de les partager.

D’Erzeron, le 6 de la lune de Gemmadi 2, 1711.

  • Texte C : Voltaire, Candide
Nous sommes dans le dernier chapitre du conte de Voltaire et pour obtenir les réponses définitives aux questions qu’il se pose, Candide décide de rendre visite à un sage oriental et de l’interroger.

Pendant cette conversation, la nouvelle s’était répandue qu’on venait d’étrangler à Constantinople deux vizirs (¹) du banc et le muphti (²), et qu’on avait empalé plusieurs de leurs amis. Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques heures. Pangloss (³), Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d’orangers. Pangloss, qui était aussi curieux que raisonneur, lui demanda comment se nommait le muphti qu’on venait d’étrangler. « Je n’en sais rien, répondit le bonhomme, et je n’ai jamais su le nom d’aucun muphti ni d’aucun vizir. J’ignore absolument l’aventure dont vous me parlez ; je présume qu’en général ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu’ils le méritent ; mais je ne m’informe jamais de ce qu’on fait à Constantinople ; je me contente d’y envoyer vendre les fruits du jardin que je cultive. » Ayant dit ces mots, il fit entrer les étrangers dans sa maison : ses deux filles et ses deux fils leur présentèrent plusieurs sortes de sorbets qu’ils faisaient eux-mêmes, du kaïmak piqué d’écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka qui n’était point mêlé avec le mauvais café de Batavia et des îles. Après quoi les deux filles de ce bon musulman parfumèrent les barbes de Candide, de Pangloss et de Martin.
« Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ? – Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin ».

1. vizir : ministre de l’empire ottoman.
2. muphti : homme de loi attaché à une mosquée qui donne des avis sur des questions juridiques et religieuses.
3. compagnon de voyage et précepteur de Candide, tenant de la philosophie de l’optimisme.
4. compagnon de voyage de Candide, et philosophe contradicteur de Pangloss.

I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez à la question suivante (4 points) :

Ces textes cherchent-ils seulement à nous dépayser ou ont-ils une autre visée ? Votre réponse se fondera sur quelques exemples précis. Elle devra être organisée et synthétique. Pour lire le corrigé de la question, cliquez ici.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants C (16 points) :

  • Commentaire
    Vous commenterez le texte de Fénelon (texte A).

  • Dissertation
    En quoi l’évocation d’un monde très éloigné du sien permet-elle de faire réfléchir le lecteur sur la réalité qui l’entoure ?
    Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres que vous avez étudiées en classe et celles que vous avez lues.

  • Invention
    Vous avez séjourné en Bétique. Déçu, vous décidez de partir. Ecrivez le discours d’adieu que vous prononcez devant les habitants.

L'ARGUMENTION : convaincre, persuader, délibérer


EXEMPLE DE DESCRIPTIF de 1ère


Séquence n° 1


INTITULE : L’ARGUMENTATION : convaincre, persuader et délibérer

(l'argumentation directe et indirecte: l'essai, la fable, le conte philosophique)


L’argumentation directe ou indirecte : les moyens mis en œuvre pour convaincre, persuader et délibérer dans l'essai, la fable et le conte philosophique.


Lectures analytiques : 5 textes extraits du manuel de Français (Littérature 1ère , Hélène Sabbah, Hatier)


Extraits (groupement de textes) :

1. Montaigne, Essais, III, extrait du chapitre VI des « Des coches » (p. 53)

2. La Fontaine, « Les membres et l’estomac », Fables (p. 427)

3. Rousseau, extrait du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes : les 2 premiers paragraphes (p. 406)

4.Voltaire, extrait du chapitre 19 de Candide ou l’Optimisme (p. 100)

5.Voltaire, Histoire d’un bon bramin (p. 435)


Etudes d'ensemble :

Les moyens mis en oeuvre pour entraîner l'adhésion et favoriser la délibération : les qualités comparées de l'argumentation directe et indirecte (le rationalisme et ses limites ; la stratégie du détour de la fable ; l'ironie...).

« De l’Humanisme aux Lumières », une enquête sur la place du sujet dans l’histoire de la communication et des représentations : « L’autre, un sujet en question », une réflexion sur l’altérité, la différence et la relativité des coutumes (en perspective croisée avec les 4 autres objets d'étude).


Lecture(s) cursive(s) et documents complémentaires :

Candide ou l’Optimisme, Voltaire

Un corpus de textes sur le thème : “Littérature et altérité” de l'Humanisme aux Lumières.

Jean-Claude Carrière, La Controverse de Valladolid


Activités proposées à la classe par le professeur :

Liitérature et engagement (“Comment et pourquoi écrire”), une enquête sur les fonctions du “poète” et de la “poésie” (au sens étymologique de “création”) : la “poétique” et la “critique” des textes littéraires à partir de problématiques convoquant les 5 objets d'étude (réalité et fiction, poésie et déchiffrement du monde, texte et représentation, visions de l'homme et du monde).


Lectures et activités personnelles (exposés, recherches...) :


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INTITULE : L’ARGUMENTATION : convaincre, persuader et délibérer

(l'argumentation directe et indirecte: l'essai, la fable, le conte philosophique)


L’argumentation directe ou indirecte : les moyens mis en œuvre pour convaincre, persuader et délibérer dans l'essai, la fable et le conte philosophique.

en perspective croisée avec :

LES LUMIERES : Candide, Voltaire + groupement de textes du XVIIIème siècle

LE THEATRE : Le Mariage de Figaro, Beaumarchais


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ORAL DE 20 minutes : exposé (10’) et entretien (10’) 1/2 heure de préparation


  • L’exposé (10’) porte sur la lecture explicative d’un texte choisi par l’examinateur dans le descriptif présenté par le candidat (cf. fiche méthodologique) : pendant le temps de l’exposé (10’ dans le meilleur des cas, ou 3, 5, 7 minutes, etc.), l’examinateur n’intervient pas. Il n’a le droit ni d’aider, ni d’interrompre le candidat.


  • L’entretien (10’) poursuit la réflexion induite par l’objet d’étude choisi pour l’exposé, mais le texte de l’exposé ne sera plus nécessairement l’objet de la discussion. L’examinateur évaluera :

l’aptitude au dialogue, la qualité de l’expression et le niveau de langue orale, les qualités de

communication et de conviction ;

La capacité à réagir avec pertinence aux questions posées, la qualité de l’argumentation et la

capacité d’exprimer une part de réaction personnelle ;

La capacité à mettre en relation différents textes, documents, et à élargir une réflexion aux

objets d’étude ou aux perspectives proposés.

Les savoirs littéraires sur les textes, l’œuvre, l’objet ou les objets d’étude, la prise en compte

des lectures cursives à bon escient, la capacité à réinvestir des connaissances sur le contexte

culturel.


Déroulement de l’oral :


  • Arriver à l'heure exacte (voire en avance) avec la convocation, la pièce d’identité, le descriptif et les textes en double exemplaire (et éventuellement le dossier de textes et les lectures intégrales complémentaires, si besoin pour l’entretien) ;

  • Se munir du double des textes non annotés ni surlignés : textes polycopiés, et double du manuel de français de 1ère (Hatier, Hélène Sabbah) pour les groupements de textes, double des œuvres intégrales : Le Mariage de Figaro, Beaumarchais, La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette;

  • Présenter la convocation, la pièce d’identité et le descriptif ;

  • Signer le bordereau de présence présenté par l’examinateur ;

  • Signer la fiche sur laquelle l’examinateur a posé la question après avoir lu le descriptif et choisi le texte et le passage à lire oralement ;


L’examinateur a choisi l’objet d’étude, le texte, la question et le passage à lire oralement : vous avez ½ heure pour vous préparer. Vous vous installez au fond de la salle avec la question, le texte et le brouillon fourni par l’examinateur : pendant votre préparation, vous entendrez l’oral du candidat précédent, il faudra vous habituer à travailler dans le bruit. Les travaux d’entraînement à l’oral par groupes vous y aideront (vous pourrez, en cas de difficultés particulières de concentration, mettre des boules quiès).


Cf. fiches : la méthodologie de l’exposé oral et la grille d’évaluation de l’oral.


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Méthodologie de l’exposé oral des EAF



Exposé oral de 10’ (sans interruption de l’examinateur) :


Rappel : le professeur a choisi un texte, circonscrit le passage à lire oralement et posé une question.


Vous avez ½ heure pour préparer votre exposé , c’est-à-dire proposer une réponse à la question posée par l’examinateur : le développement de la lecture analytique sera logique, construit, argumenté et précis (avec des références constantes au texte, citations à l’appui et identification de procédés d’écriture que vous interpréterez sans oublier la question initiale) .


Déroulement de l’exposé :


Introduction du texte : situation brève et précise du passage, rapide présentation de l’auteur et de son œuvre, du mouvement littéraire auquel il appartient. Eviter de « donner les dates de l’auteur » ! Penser plutôt à le situer dans le cadre du mouvement littéraire auquel il appartient et à dégager sa singularité. Arriver très vite à présenter brièvement le texte : sujet, composition (plan : principales articulations, mouvements du texte, structure rhétorique, éventuellement remarque sur la présentation typographique si elle est originale) ;


Lecture orale du texte (correcte, claire et si possible expressive : respecter la ponctuation) ;

* Ni trop théâtrale, ni trop confidentielle…


Présentation du projet de lecture à partir de la question posée : annoncer l’idée directrice de votre lecture analytique avec les axes d’études proposés (le plan de votre exposé) ;


Développement : lecture analytique du texte = réponse la question posée


C’est un commentaire organisé du texte, par axes (deux ou trois), qui rend compte d’un parcours de lecture sans oublier de prendre en compte la question posée.

Le parcours herméneutique est une argumentation (cf. la dissertation et le commentaire) qui s’appuie sur des constats successifs pour s’acheminer, à partir d’un développement ordonné par axes de lecture, vers une réponse.

Il s’appuie sur une démonstration argumentée, pertinente au service d’une interprétation (cf. le commentaire) : les références précises au texte avec indentification des procédés d’écriture et leur interprétation seront au service de la réponse à la question posée .

Conseils :

  • Attention aux contresens et aux interprétations abusives : proposer une interprétation du texte à partir de lignes de convergence vérifiées par une lecture herméneutique approfondie (mise en lien du signifiant et du signifié : de la forme et du sens), vos connaissances de l’auteur, de son oeuvre et du mouvement littéraire auquel il appartient ;

  • Attention au psittacisme : adapter intelligemment le corrigé de l'explication du texte faite en classe à la question posée au lieu de le réciter sans tenir compte de la question posée par l'examinateur ;

  • Attention à la myopie techniciste (cheminement au ras du texte, dispersion en remarques minutieuses mais fragmentaires) : prendre du passage une vue globale, personnelle, cohérente avant de commencer l'analyse de détail adopter en face du texte un recul critique suffisant, problématiser à partir de la question posée ;

  • Le défaut le plus grave est l'absence d'organisation et de perspective, la juxtaposition d'observations disparates et discontinues Regrouper et hiérarchiser les remarques dans la perspective de lecture induite par la question.

[* Une lecture linéaire peut être envisagée si le texte la justifie (l’éviter en général) . Si vous l’adoptez, elle doit suivre le mouvement du texte et en respecter les articulations et s’appuyer sur une démonstration de la pertinence du choix de ce type de lecture.]

Conclusion : elle doit être axée directement sur le projet de lecture induit par la question posée .

3 étapes :

  • Bilan : résumer de façon décisive les résultats que l'explication a permis de dégager.

  • Réponse : C'est une partie capitale vers laquelle converge toute l'enquête qui précède. Elle propose une interprétation synthétique personnelle, claire et cohérente du texte en rapport avec la problématique induite par la question posée et l'objet d'étude. * Il est sage à l'oral de la préparer soigneusement.

  • Elargissement : mise en lien avec d'autres textes étudiés ou lus dans le cadre de l'objet d'étude et approfondissement de la problématique, voire progression vers une problématique plus complexe. (Intertextualité et singularité des textes)


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QUESTIONS POUR L'EXPOSE ORAL DES EAF :


Exemples de questions : Qu'est-ce qui fait la singularité de ce texte ? (l’originalité/ l’intérêt)


  • Objet d’étude la poésie :

En quoi ce texte est-il poétique ?

  • Objet d’étude : le théâtre

Qu'est-ce qui fait l'intérêt dramatique de cette scène ?

  • Objet d’étude : convaincre, persuader, délibérer (l’essai, le dialogue, l’apologue).

Qu’est-ce qui fait la force argumentative de ce texte ?

  • Objet d’étude : le biographique l’autobiographique.

Quelles sont les marques, les enjeux et les limites de l’écriture autobiographique dans ce texte ?

- Quelles sont les caractéristiques de l'écriture autobiographique dans ce texte ? (problématiser : Sa/Sé enjeux).

- Quels sont les enjeux de l'écriture autobiographique dans ce texte ? (prendre appui sur les caractéristiques).

  • Objet d’étude un mouvement littéraire (Les « Lumières »)

Comment les valeurs des « Lumières » sont-elles exprimées dans ce texte ?

Objet d’étude : la poésie ==> questions pour l’exposé oral des EAF

www.tempoepoésie.blogspot.com

  • Quelle réaction la lecture de ce poème suscite-t-elle en vous ? Justifiez votre réponse en prenant appui sur le texte.

  • Quel est l'enjeu de ce poème ?

  • En quoi ce texte est-il un poème ?

  • Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce poème ?

  • Comment comprenez-vous le projet poétique de … dans cet extrait ?

  • Comment la forme du sonnet (ou du poème en prose) permet-elle d’exprimer… ?

  • En quoi tel passage est-il une clé possible pour la lecture du texte ?

  • Quelle est la construction (ou la composition) de ce poème ?

  • Comment la métaphore filée se développe-t-elle dans ce texte ?


sur le titre : En quoi le titre éclaire-t-il le texte ? (annonce-t-il le texte ?)


sur un court passage :

  • En quoi tel passage est-il une clef possible pour la lecture du poème ?

  • En quoi tel vers est-il représentatif de l’ensemble du poème ?

  • En quoi le premier vers annonce-t-il le déroulement de l’ensemble du poème ?


sur la comparaison de 2 brefs passages (indiqués par l’examinateur)


sur la composition, la construction ou le mouvement du texte :

  • la composition du sonnet ou d’un poème en prose : quel est l’effet produit par la construction de ce sonnet ?

  • le développement d’une métaphore filée ou d’un thème : comment le thème de l’immensité se développe-t-il dans le poème en prose de Baudelaire, « Le Confiteor de l’Artiste » ?

  • la construction d’un portrait : comment le poète se met-il en scène dans « Le Confiteor de l’Artiste » ?

  • Les étapes d’un récit : comment ce poème progresse-t-il ? 2 poèmes « dramatiques » : « La Ronde sous la cloche », Aloysius Bertrand (l’évocation des différentes phases de l’orage) ; « Aube », Rimbaud (l’éveil progressif de la nature)


sur la visée du texte et ses enjeux : Sa /S2 forme sens : « Poésie et déchiffrement du monde » ; sens forme

  • En quoi ce texte est-il poétique ?

  • Quel est l’enjeu de ce poème ? (exemple : « Le Confiteor de l’Artiste »)

  • Comment le poème en prose favorise-t-il le projet de déchiffrement du monde du poète ?

  • Comment ce sonnet de Baudelaire est-il un manifeste symboliste ?

  • Comment le poème en prose contribue-t-il à la magie évocatoire de Rimbaud ?

  • Comment Rimbaud parvient-il à créer un univers fantastique ?


sur la réception du texte par le candidat :

Quelle réaction la lecture de ce poème suscite-t-elle en vous ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte.


Problématiques : l'argumentation directe / indirecte (narration/argumentation : cf. typologie des textes (narratifs, descriptifs, dialogiques, argumentatifs).


Ce texte ouvre-t-il la voie à la délibération ?

Quelles réactions ce texte suscite-t-il en vous ?


Questions génériques : En quoi ce texte relève-t-il de l’essai ? (du dialogue ? de l’apologue ? Du conte philosophique ? )

Quelle est la fonction didactique de ce texte ?

Quels sont les enjeux de ce texte ?

Quelle est la visée argumentative de ce texte ?

Quelle est la thèse énoncée dans ce texte ?

Quelles sont les thèses énoncées dans ce texte ?

Quelles sont les stratégies convictives et persuasives mises en place dans cet essai ?

(ce dialogue ? cet apologue ?)

Quelles sont les qualités argumentatives de ce texte ?

Les procédés argumentatifs employés dans ce texte vous paraissent-ils efficaces ? Pourquoi ?

Que pensez-vous de la stratégie argumentative de l’auteur dans ce texte ?

Cette démonstration vous paraît-elle convaincante ?

L’argumentation de l’auteur est-elle convaincante ? (est-elle persuasive ?)

L’argumentation est-elle plus convaincante que persuasive ?

L’argumentation est-elle plus persuasive que convaincante ?

Quelles sont les qualités et les limites de l’argumentation de ce texte ?

La thèse de l’auteur vous paraît-elle objective ?

Qu’est-ce qui fait l’originalité de la stratégie argumentative de Montaigne ? (La Fontaine, Rousseau, Voltaire)

Quelles sont les thèses mises en scène dans ce dialogue ?

Pourquoi, selon vous, Diderot a-t-il choisi la forme du dialogue ?

Comment la forme du dialogue favorise-t-elle la délibération ?

Le dialogue est-il, selon vous, un bon moyen de mettre en scène une argumentation ?

Quelles sont les caractéristiques de cette argumentation dialoguée ?

Qu’est-ce qui accrédite la thèse du « bon bramin » ?

Quel rôle le narrateur joue-t-il dans ce dialogue ?

L’argumentation progresse-t-elle ?

Comment l’argumentation progresse-t-elle ?


En perspective croisée avec les mouvements (ou les périodes) littéraires :

Comment les valeurs humanistes (des « Lumières ») sont-elles exprimées dans ce texte ?

En quoi ce texte est-il représentatif des valeurs des « Lumières » ?

Comment l’Humanisme de Montaigne se manifeste-t-il dans ce texte ?

La Fontaine, dans cette fable, fait-il l’apologie de « la Royauté » ?

En quoi cette fable illustre-elle le Classicisme ?


L'ESSAI : l'argumentation directe (une logique argumentative apparente : la thèse, les arguments et les connecteurs logiques ; la démonstration par l'exemple ; une situation de discours +/- distanciée).

Un quoi ce texte relève-t-il de l'argumentation directe ?

En quoi ce texte relève-t-il de l'essai ?

Quelle est la thèse de l'essayiste ?

Comment l'argumentation progresse-t-elle ?

Qu'est-ce qui rend l'énonciation des Essais de Montaigne originale ?

L'argumentation de Montaigne/ Rousseau vous paraît-elle convaincante ? (plus persuasive que convaincante ? Pourquoi ?)

Ce texte ne vise-t-il qu'à convaincre ?

La thèse de Rousseau est-elle convaincante ?

Quelles sont, d'après ce texte, les limites du rationalisme ?

Ce texte ouvre-t-il la voie à la délibération ?


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L'APOLOGUE (la fable, le conte philosophique) : l'argumentation indirecte (la stratégie du détour)

Un quoi ce texte relève-t-il de l'argumentation directe ?

En quoi ce texte est-il un apologue ? (définition, p. 445 ; Mde, pp. 262-3 )

En quoi cette fable (ou ce conte philosophique) est-il un apologue ?

Quel est le sens de cet apologue ?

Comment la narration est-elle ici au service de l’argumentation ?

Comment Voltaire (ou La Fontaine) mêle-t-il les fils de la narration et de l’argumentation ?

Quelle est la fonction didactique de cet apologue ?

Comment la narration est-elle ici au service de l’argumentation ?

Cet apologue ouvre-t-il la voie à la délibération ?

Comment cet apologue ouvre-il la voie à la délibération ?

En quoi cette fable illustre-t-elle le Classicisme ?

Qu’est-ce qui fait la force argumentative de cet apologue?

Qu’est-ce qui rend cette fable divertissante ?

Qu’est-ce qui rend la démonstration de cet apologue originale et efficace ?

La Fontaine fait-il l’apologie de la « Royauté » ?

Qu’est-ce qui, dans cet apologue, relève du merveilleux et de la fantaisie du conte ?

Qu’est-ce qui rend la lecture de cet apologue agréable ?



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